News

Économie & finance

«La tripartite fut un échec»

Par admin le 25/09/2010


Tripartite et plan d’assainissement des finances publiques, avenir de la place financière luxembourgeoise, multiplication des réunions de l’Eurogroupe et de l’Ecofin pour le plan de sauvetage

Tripartite et plan d’assainissement des finances publiques, avenir de la place financière luxembourgeoise, multiplication des réunions de l’Eurogroupe et de l’Ecofin pour le plan de sauvetage européen, le renforcement de la gouvernance économique dans la zone euro ou encore la réglementation des marchés, le ministre des Finances Luc Frieden a été sur tous les fronts ces derniers temps. Lëtzebuerger Gemengen s’est concentré sur la situation économique dans le pays et sur le devenir de la place financière luxembourgeoise décriée. Entretien.

Peut-on considérer la Tripartite comme un échec ?

La tripartite fut effectivement un échec dans la mesure où il n’a pas été possible de trouver un accord à trois sur les sujets discutés, à savoir la compétitivité de l’économie luxembourgeoise, le marché du travail et la situation des finances publiques. Ceci est évidemment regrettable, mais il ne faut pas oublier qu’il y a eu par le passé d’autres tripartites qui n’ont pas abouti à des conclusions communes. L’échec de la tripartite ne doit pas empêcher les responsables politiques, dans le cadre des institutions démocratiques, de prendre les décisions qui leur semblent s’imposer pour sortir le pays de la crise et préparer l’après-crise.

On a cru un moment que la coalition CSV/LSAP allait s’effriter. Le Premier ministre affirme quant à lui que le dialogue a été constructif. Qu’en est-il véritablement dans les coulisses ?

Il y a effectivement eu des discussions difficiles au sein de la majorité gouvernementale, mais ce qui compte est de constater que le Gouvernement a été à même de décider d’une stratégie commune en matière de finances publiques : rétablir à l’horizon 2014 l’équilibre des finances publiques, veiller à ce que la dette publique n’excède 30 % du PIB, et maintenir les impôts à un niveau compétitif par rapport à nos pays avoisinants. Nous avons également convenu de continuer à traiter le sujet de la compétitivité de l’économie en automne dans un esprit constructif.

Un récent rapport de l’OCDE prétend que le Luxembourg doit «adopter une trajectoire d’assainissement plus ambitieuse». Le Gouvernement ne s’est-il pas contenté de «mesurettes» par peur d’un éventuel démantèlement de la coalition ?

J’estime que ces mesures sont substantielles. La réduction des dépenses et les mesures fiscales vont réduire le déficit public, ce qui est essentiel pour éviter un endettement trop fort. Par ailleurs, les mesures prises doivent être analysées conjointement avec les décisions qui seront prises à la suite des discussions annoncées sur la réforme des traitements dans la fonction publique, le financement du système de pensions et les modalités relatives à l’indexation automatique des salaires.

L’introduction d’un échange automatique de données entre administrations fiscales sous la pression internationale a conduit le ministre de l’Economie et du Commerce extérieur, Jeannot Krecké, à monter au créneau. Ce rapport affirme également que la baisse des recettes du secteur financier s’avère structurel. Qu’en est-il ?

Le Gouvernement n’est pas favorable à l’échange automatique d’informations et continue à plaider pour un système de retenue à la source combiné avec l’échange d’informations sur demande selon le modèle de l’OCDE.

La place financière restera un pilier de l’économie nationale, mais les restructurations qui auront lieu à la suite de la crise financière auront sans nul doute pour effet que les recettes en provenance du secteur financier se stabiliseront.

Peut-on envisager la « finance durable » (cf. Financial Forum 2010 : micro-finance, finance verte et finance islamique) comme vecteur potentiel de pérennisation de la Place luxembourgeoise ?

Il faut constamment compléter la gamme des produits et services financiers pour rester intéressant pour les investisseurs. La microfinance, la philantrophie ou encore la finance islamique sont des secteurs qui viennent enrichir la panoplie des services en matière de private banking, de fonds d’investissement et de crédits internationaux qui font la force de notre place financière.

Par admin le 25/09/2010