News

Économie & finance

«Une centrale de risques» au service des clients

Par admin le 25/09/2010


Finance durable, éthique, responsabilité sociale, ces termes sont sur toutes les lèvres depuis quelque temps dans le monde de la finance.

Finance durable, éthique, responsabilité sociale, ces termes sont sur toutes les lèvres depuis quelque temps dans le monde de la finance. Ces notions ont même été au centre des débats lors du «Luxembourg Financial Forum» 2010 qui s’est tenu le mois passé. Argument marketing, volonté des banques de redorer leur blason, effet de mode, nous voulions connaître l’avis d’un des géants sur la place financière luxembourgeoise, BGL BNP Paribas. Première partie de l’interview d’Eric Martin, Président du Comité de direction.

La cinquième édition du «Luxembourg Financial Forum» a fait la part belle à la finance durable. Qu’entend-on vraiment par «finance durable» et quels ont été les grands enseignements de ce forum, selon vous ?

La finance durable n’est jamais qu’un élément d’une notion plus large, à savoir le développement durable. Et dans «finance durable», c’est le terme «durable» qui importe et non «finance». Le développement durable, c’est un développement qui répond aux besoins du présent sans pour autant compromettre la capacité des générations suivantes à couvrir les leurs. La finance durable s’inscrit dans ce cadre là. Ramené à la finance ou à la banque, la finance durable, c’est placer son activité dans une optique de long terme.

En ce qui concerne le «Financial Forum», soulignons qu’il y avait une forte indépendance – croissante de surcroît – de l’ensemble des acteurs économiques autour du sujet du développement durable… ou d’autres qui sous-entendent cette notion, à savoir que les activités sont de plus en plus mondialisées et interdépendantes, ce qui implique une co-responsabilité entre tous les acteurs.
Ce qui ressort également de ce Forum, c’est que la finance durable n’est plus un gadget mais fait bel et bien partie d’une stratégie d’ensemble de développement d’une entreprise.
Dernier point, l’activité de banque repose éminemment sur la confiance, et le lien entre le durable et la confiance est évident.

Nombreux sont ceux qui affirment qu’il est difficile d’allier éthique et rentabilité, et que l’appellation «finance durable» n’est finalement qu’un leurre. Que leur répondez-vous ?

Qu’ils ont tort. Une banque n’est jamais qu’un intermédiaire entre des acteurs qui ont des projets d’épargne, d’investissement, de consommation, et qu’à ce titre, on peut la qualifier de «centrale de risques» ou encore de grande usine qui a pour objet de venir satisfaire les besoins de clients très divers. Or, une centrale de risques ne peut être que gérée à long terme. Il n’y a pas que le risque de crédit, il y a le risque de marché, le risque de réputation, etc. Le développement d’une banque passe ainsi par une vraie rentabilité qui elle-même passe par la maîtrise des risques qui elle-même ne peut se concevoir sans éthique. Warren Buffet affirmait à raison qu’ «il faut vingt ans pour se faire une réputation mais seulement cinq minutes pour qu’elle s’effondre. Quand vous pensez à cela, vous faites les choses différemment». Il n’y a donc pas de contradiction entre rentabilité et éthique, bien au contraire. Plus concrètement, si vous voulez être une banque avec une bonne direction des risques, de la conformité, de la déontologie, il faut d’abord être rentable.

Comment BGL BNP Paribas se positionne-t-elle sur ce créneau au Grand-Duché ?

BGL BNP Paribas est une banque qui a plus de 90 ans, ce qui illustre mieux que tout la notion de durabilité. Elle a par ailleurs au cours de son histoire soutenu plusieurs fois l’économie nationale dans des moments difficiles comme lors de la crise de la sidérurgie dans les années 70. Elle reste également traditionnellement la première banque des entreprises qu’elle a su soutenir durablement.

Cela ne signifie pas pour autant que les dirigeants de cette banque occultent la déception et l’inquiétude qui ont été ressenties par les clients lors de la délicate phase économique et financière en automne 2008 ; je tenais à le préciser.

BNP Paribas a, en matière de développement durable et de responsabilité sociale, mené des actions reconnues, que ce soit en matière de philanthropie, de mécénat, de micro-finance, de soutien aux banlieues en France, au Royaume-Uni et aux Etats-Unis.
Au Luxembourg, la banque désormais adossée au grand groupe français, est engagée dans les domaines de la culture et du sport.

Ce qui est également important, c’est la notion de confiance et de réputation dans lesquelles nous nous devons d’inscrire toutes ces actions. Nous avons d’ailleurs un responsable de la déontologie et de l’éthique au niveau du Comité de direction de BGL BNP Paribas, et cela n’a rien d’anecdotique.

La banque a travaillé l’an dernier sur le bilan carbone 2009, tout un programme de travaux réalisés sur la rénovation de systèmes de refroidissement de la salle informatique, ce qui représente une économie en CO2 équivalente aux rejets de 450 foyers !

Nous avons aussi notre propre borne de Vel’oh ! que nous avons inaugurée cette année. La mise en place d’une telle station pour le compte d’une entreprise constitue une première mondiale au niveau des systèmes de vélos en libre service.

PhR

Deuxième partie de l’interview dans l’édition de septembre.

Par admin le 25/09/2010