Économie & finance

L’accord du désaccord

Par editeur_EELG le 8/05/2012 - 11:20


Augmentera ou n’augmentera pas? La question de l’accord salarial pour la fonction publique a été sur toutes les lèvres et a occupé les médias tout le mois durant, jusqu’au 27 avril où la r

Augmentera ou n’augmentera pas? La question de l’accord salarial pour la fonction publique a été sur toutes les lèvres et a occupé les médias tout le mois durant, jusqu’au 27 avril où la réponse est enfin tombée.
 

Oh, on s’imaginait bien quelle serait la teneur de cette réponse, mais la CGFP a su maintenir le suspens jusqu’au bout en évoquant un point crucial secret qu’il restait à débattre et dont la révélation aurait pu tout faire échouer. François Biltgen, notre ministre de la Fonction publique, jouait aussi l’Arlésienne en refusant de «répondre aux questions tant» que le dossier ne serait pas clos.

Pour une brève petite piqûre de rappel, un accord Fonction publique avait été signé en juillet 2011 et finalisé en mars dernier entre le gouvernement et la CGFP. Il s’agissait, entre autres, d’une revalorisation des salaires de 2,2% au 1er janvier 2013.
Entre temps, la crise a creusé davantage son trou dans les caisses luxembourgeoises et le comité de prévisions s’est vu obligé de jouer les oiseaux de mauvais augures en prévoyant d’obscurs chiffres pour l’horizon 2014-2015.
En avril, une partie de la solution était trouvée: reporter la mise en place de l’accord salarial des fonctionnaires. Décision qui gèle automatiquement la mise en place de la réforme de la fonction publique.
Bien entendu, le “oui“ n’est pas tombé tout de suite, ni sans condition. Ainsi, dans les décisions finalement prises le 27 avril lors du comité des représentants des fonctionnaires à Dommeldange, il fut convenu que les fonctionnaires acceptaient de ne pas voir leur paie augmenter avant janvier 2015 (sauf une prime unique de 0,9% qui leur sera versée en juillet). Une entente toutefois loin d’être gravée dans le marbre puisque renégociable si (par bonheur?) les pronostics établis se révélaient moins pessimistes que prévus.

Il s’agit bien là d’une “partie“ de la solution puisque pour éponger une dette qui s’élève à 1,5 milliards d’euro, l’on se doute que l’effort devra être porté sur d’autres domaines tels que les mesures d’épargnes, les augmentations d’impôts et de TVA ou encore les cotisations. Ce que refusera en bloc le secteur privé qui, par la voix du président de la LCGB, Patrick Dury, se sent «lésé par les décisions de nos politiciens» et dénonce une «injustice» et un «manque de solidarité» de leurs parts.

Il est pourtant évident que cette solution seule ne sera pas suffisante pour remettre du “beurre dans les épinards“. D’ailleurs, le Premier ministre lui-même l’a assuré: «Supprimer l’accord salarial ne suffira pas à redorer les finances de l’Etat».    FC

Par editeur_EELG le 8/05/2012 - 11:20