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Économie & finance

Mutations bancaires

Par LG le 16/03/2017


Le Luxembourg est bien placé pour apporter des réponses pragmatiques tant son environnement est accessible, ouvert et multiculturel

Le désormais traditionnel «Banking Day» de PwC Luxembourg s’est déroulé le 2 février 2017 en présence de près de 200 professionnels du secteur. Parmi les intervenants, Olivier Carré (Banking Leader PwC Luxembourg), Seb Walker (Managing Partner Ticumen) mais aussi Nicolas Mackel (CEO LFF), Alain Meunier (Wealth Management PwC Luxembourg), Marie Louise Seeling (CEO Acatus) et Françoise Thoma (CEO BCEE) se sont succédés.

 

Les récents événements, tels que le Brexit et l’élection de Donald Trump, ont ponctué cette conférence comme pour rappeler ô combien le contexte mondial actuel est en mutation. Si les  banques ont bel et bien abandonné l’idée de renouer avec leurs rendements d’avant crise, de nouvelles opportunités semblent se profiler. Pour cause, les 140 établissements bancaires du Grand-Duché affichaient des bilans à 768.441 millions d’euros fin 2016, soit une augmentation de 2% selon la Banque centrale du Luxembourg.

 

De la vertu d’une offre protéiforme

Qu’ils soient issus de la nouvelle génération ou déjà existants, les clients des banques, notamment ceux des banques privées, ont changé et se posent de plus en plus de questions à propos de la gestion de leur patrimoine. La clientèle «mass affluent» a diminué mais représente toujours 45% de la clientèle globale pour 9% des actifs sous gestion. A l’inverse, la clientèle des UHNWI (ultra high net worth individuals – comprendre des gens ayant en poche au moins 30 millions de dollars) a fortement progressé, de 41% à 51% en quatre ans environ, mais ne représente encore que 1% des clients.

Les besoins de ces derniers ne se résument plus simplement à faire fructifier leurs avoirs. Pour la plupart des clients privés, la sécurité des actifs est passée au premier plan. Pour répondre à ce besoin, le nouveau cadre réglementaire a fait de la transparence un crédo. À l’aune de ces nouvelles attentes, les conseillers ont de plus en plus de mal à faire avaler la pilule des frais de gestion et de certains processus lourds à leurs clients en mal de conseil personnalisé et d’interaction en temps réel. «Les gestionnaires de patrimoine doivent impérativement restaurer ce déficit de confiance auprès de cette nouvelle génération qui, d’ici 2020, détiendra plus de la moitié des actifs à investir, soit environ 30 milliards de dollars» indique Olivier Carré, associé et Banking Leader chez PwC Luxembourg. Et Alain Meunier, associé, d’ajouter: « Historiquement, les banquiers privés se limitaient à la gestion d’actifs et aux fonds d’investissement. Face à une clientèle plus exigeante, ils doivent désormais inclure de nouveaux champs comme la planification fiscale et successorale. Ces gestionnaires doivent désormais diversifier leurs portefeuilles et approfondir leur savoir-faire en termes de gestion d’actifs de manière plus protéiforme. Ce changement de paradigme implique de redéfinir le rôle du banquier privé qui sera jugé non plus seulement sur son expertise, mais surtout sur sa capacité à fournir une expérience client complète».

 

Union des banques et des Fintech

Les Fintech ont réussi en quelques années à s’imposer auprès des banques. Entre compétition et coopération, ces entreprises poussent le secteur à se transformer. Elles bousculent les acteurs traditionnels et imposent de nouveaux standards bancaires en offrant à leurs clients des solutions alternatives moins coûteuses et plus personnalisées. Cette vague de Fintech est principalement active sur deux segments: celui des paiements et celui des prêts. Les banques, bien évidemment, réagissent en lançant des incubateurs ou en nouant des partenariats. «Les banques collaborent avec les Fintech parce qu’elles leur permettent de faire des économies et d’innover dans le domaine digital. Elles le font également parce que les individus de la génération Y le réclament et tant les opportunités que les retombées positives existent», souligne Olivier Carré.

 

Brexit: l’amitié est une douce responsabilité

Depuis l’annonce du Royaume-Uni de sortir de l’Union européenne, le Luxembourg a jusqu’ici joué la carte de l’amitié et de la complémentarité. Il faut dire que Londres, première place européenne, constitue le partenaire principal du Grand-Duché avec 600 milliards d’euros d’actifs sous gestion. Une stratégie qui semble fonctionner au vu des dernières arrivées: un groupe japonais vient de lancer ses activités au Luxembourg, deux banques chinoises ont également annoncé leur implantation.

«Les banques qui viennent s’installer en Europe ont besoin d’un pays stable et le Luxembourg est bien placé pour apporter des réponses pragmatiques tant son environnement est accessible, ouvert et multiculturel», rappelle Olivier Carré.

Les dernières déclarations du ministre de l’Economie britannique laissent toutefois présager un avenir plus sombre si Londres décidait de baisser drastiquement son taux d’imposition pour être plus compétitif.

 

 

PwC / LG

Par LG le 16/03/2017