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Développement durable

Une commune engagée et responsable

Par LG le 8/05/2017


Il suffit parfois de changer de toutes petites choses

Labélisée à 50% dans le Pacte Climat, la commune de Mersch est pleine d’idées innovantes et redoutablement efficaces. Rencontre avec Michel Malherbe, bourgmestre de Mersch et Luc Friedrich, conseiller climat.

 

Une population au cœur d’un projet environnemental

La commune de Mersch n’a pas attendu janvier 2013 et sa souscription au Pacte Climat pour se soucier d’écologie. Le conseiller climat, Luc Friedrich, en poste depuis 2011, a travaillé sans relâche pour donner à Mersch la touche qui aurait pu lui manquer: celle d’une commune responsable, aussi verte et économe que possible. Mener une politique de restructuration ou de transformation afin de diminuer la consommation énergétique d’une commune de 9.200 habitants, n’est pas une mince affaire – Luc Friedrich et Michel Malherbe en savent quelque chose. Si vous leur demandez quelles ont été les premières mesures prises par la commune, ils commenceront par vous parler avec enthousiasme (et ils ont raison) des écoliers qui contribuent à leur manière à la gestion des déchets: un vendredi par an, des centaines d’enfants se livrent à une véritable opération de nettoyage des chemins ruraux et forestiers de la commune, des chemins repris et du centre-ville de Mersch. Les différentes associations de la commune du centre en font de même un samedi par an. Le bilan? En seulement deux petites journées, on a pu débarrasser les forêts d’une ville de presque toutes ses immondices. C’est un fait avéré, les petits ruisseaux font les grandes rivières.

S’il n’y a pas de petites actions lorsqu’on parle d’écologie, la seconde installation photovoltaïque en copropriété réalisée en 2013 en fut une grande. Ce projet a en effet donné à chaque citoyen la possibilité de profiter de l’énergie solaire en achetant une part de l’installation. Encore une fois, c’est une opération concluante: on observe depuis lors, une réduction de 32 tonnes de CO2 par année.

Mettre un peu de vert dans la politique c’est aussi informer les populations, souvent de bonne volonté mais parfois trop peu avisées des améliorations auxquelles elles pourraient elles-mêmes contribuer. La convention passée avec MyEnergy joue notamment ce rôle dans la commune de Mersch: un Infopoint MyEnergy a été installé dans l’annexe du château et des conseillers peuvent se rendre chez les particuliers pour les aider à réduire leur consommation énergétique. La commune soutient d’autre part financièrement ses habitants lorsqu’ils souhaitent opter pour une utilisation rationnelle et durable de l’énergie au sein de leur foyer: des subventions leur sont en effet accordées pour l’installation d’une infrastructure de collecte des eaux de pluie, pour l’installation de capteurs solaires thermiques ou encore pour l’achat d’appareils électroménagers à basse consommation d’énergie.

 

Les défis importants

La commune a eu par ailleurs à relever de grands défis: lorsqu’un risque d’érosion des sols a été constaté, il était devenu impératif d’encourager les agriculteurs à utiliser une technique de travail du sol innovante: celle du Strip-till. Cette technique de «labour en bande» fut subventionnée par  la commune pour inciter les agriculteurs à l’utiliser. Les résultats furent doublements réjouissants: non seulement les agriculteurs sont parvenus à surmonter leurs réticences envers cette nouvelle technologie, mais ils se la sont appropriée au point de continuer à l’appliquer alors même qu’ils ne touchaient plus de subventions (il avait été convenu avec les agriculteurs que les subventions leur seraient accordées pendant deux années).

Si Michel Malherbe et Luc Friedrich disent posséder «la plus belle piscine de la grande région», ils ont aussi à se soucier des dépenses énergétiques qu’elle engendre. Le centre aquatique Krounebierg pourrait en effet devenir une installation particulièrement énergivore si l’on ne se montrait pas attentifs. « Il suffit parfois de changer de toutes petites choses » pour réduire la consommation d’énergie, nous dit Michel Malherbe. La preuve en est qu’en optimisant simplement le système de ventilation et celui de l’apport en eau supplémentaire ou en effectuant de petits travaux tel que le changement de pompe, on réalise une économie considérable (on observe aujourd’hui une réduction d’environ 15% du coût d’énergie). Des travaux beaucoup plus complexes ont dû en revanche être effectués pour la rénovation de bâtiments anciens situés au cœur des villages: la volonté de ne pas les détruire a nécessité un véritable travail d’assainissement (ils présentent en effet les défauts des vieilles constructions: manque d’isolation, chaudières archaïques, fenêtres vétustes). Les travaux d’assainissement et l’installation photovoltaïque sur les toits ont ainsi permis de donner une seconde vie aux anciennes écoles des villages transformées en salles des fêtes disponibles à la location par les habitants.

Le travail de Michel Malherbe et Luc Friedrich ne s’arrête pas là. Ils sont en effet tous deux particulièrement attentifs à la mobilité. Si des efforts ont été faits pour améliorer et sécuriser les pistes cyclables, la commune de Mersch a également su rendre le Flexibus indispensable aux habitants: pour seulement deux euros, chaque résident peut se rendre d’un endroit de la commune à un autre et laisser sa voiture au garage (3.700 personnes l’utilisent chaque mois).

Par LG le 8/05/2017