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Développement durable

Comme un geste du terroir

Par LG le 15/05/2017


Nous avons une vision pour Remich et plus largement pour la Grande Région

Adossée à la Moselle et ornée de ses vignobles, Remich offre un panorama sublime aux nombreux touristes qui viennent lui rendre visite. Consciente que sa nature magnifiante doit être préservée, la commune fait partie du Pacte Climat et en est certifiée à 53%. Son bourgmestre depuis 2009, Henri Kox et Laurent Thiel qui est l’ingénieur du service technique depuis 2012 ne cachent pas leur ambition: «Nous visons les 75% et c’est possible».

 

Parlez-nous du programme Interreg?

HK: Il vise à promouvoir la coopération entre les régions européennes au bénéfice du développement économique et de la gestion de l’environnement mais aussi pour trouver des solutions communes dans les domaines du développement urbain, rural et côtier.

Les quatre régions que sont la Lorraine, Belgique orientale, la Rhénanie-Palatinat  et le Luxembourg travaillent dans une coopération transnationale pour une inter-connectivité énergétique. Certaines villes de la Grande Région comme Metz, Trèves ou Remich tendent vers l’autosuffisance énergétique mais aussi à l’inter-connectivité virtuelle des réseaux énergétiques.

 

D’où proviendrait cette énergie renouvelable?

LT: Il s’agit dans un premier temps de limiter le gaspillage énergétique, puis d’être plus efficient et enfin de produire l’énergie via les éoliennes, l’hydro production ou encore les panneaux photovoltaïques par exemple.

Si Trèves et sa région sont déjà très en avance dans la production d’énergie verte, il sera très difficile pour Remich de produire 100% de l’énergie qu’elle consomme. Nous avons réalisé des études et connaissons le potentiel de notre petite commune aux 3.600 habitants.

 

Quelles sont les actions de Remich?

LT: Nous relevons mensuellement via notre logiciel informatique «EnerCoach», les consommations de nos bâtiments communaux. La comptabilité des données est indispensable pour que nous puissions prendre les décisions les plus efficaces.

Remich a déjà une centrale à cogénération qui alimente tout un réseau de chaleur, ainsi que des chauffages à base de copeaux ou de granulés de bois. Nous venons aussi de transformer l’immeuble de la gare routière avec l’objectif qu’il devienne autosuffisant grâce à des panneaux photovoltaïques et hybrides, son isolation thermique et sa pompe à chaleur sol/eau voir l’intégration de batteries pour le stockage de l’énergie électrique.

Nous allons prochainement construire une centrale de gazéification du bois à base de granulés de bois pour alimenter le réseau de chaleur et se substituer ainsi à la cogénération gaz. En plus il faudra encore plus miser sur la production solaire photovoltaïque ou thermique sur nos toits. Enfin, nous étudions les possibilités d’alimenter uniquement par des énergies renouvelables la zone de développement «Gewännchen et Um Juck» présentant une surface de 22 hectares.

 

HK: Nous sommes dans l’optique de rechercher une efficacité à la fois dans la production et dans la consommation. Je prends pour exemple la production d’électricité via les panneaux photovoltaïques: si tous les toits de Remich en étaient équipés, il y aurait un surplus de production en été. Dans cette hypothèse, nous réinjecterions ce surplus d’énergie dans le réseau afin que d’autres puissent en bénéficier ou même le stocker dans des réservoirs saisonniers. Ainsi, nous aussi nous pourrions en cas de besoin, importer la production d’autres villes. Échanger nos idées et créer des projets communs en matière de développement durable, voilà tout l’intérêt d’Interreg.

 

Et pour ce qui est de la mobilité, Remich est-elle encore le théâtre des embouteillages aux heures de pointes?

HK: C’est en effet un grand problème puisque nous ne connaissons pas moins de 15.000 passages quotidiens, rien que sur l’axe principal qui rejoint l’Allemagne. Nous militons afin que les camions ne puissent plus passer par Remich et qu’ils restent sur l’autoroute A13.

Un autre objectif est la création des places de stationnement P+R, et dans la mesure du possible, du côté allemand et français. Le but étant que les frontaliers puissent, au plus près du lieu de leur résidence, emprunter les transports en commun. Nous avons déjà une ligne de bus qui dessert le Kirchberg et sur laquelle un bus passe toutes les 30 minutes.

Nous investissons aussi dans un parc automobile électrique; aussi, nous étudions la possibilité d’une acquisition d’un minibus électrique qui devrait être alimenté par trois éoliennes verticales.

Enfin, nous équipons notre éclairage public par du LED. Via des capteurs qui augment ou descendent l’intensité lumineuse de 20% qui est autant d’économies d’énergie.

 

Comment est la qualité de vie à Remich?

HK: Nous faisons tout pour qu’elle soit la plus agréable possible. Nous allouons déjà des subventions communales pour les habitants qui souhaitent rénover leur maison et améliorer leur isolation ou même acquérir une pompe à chaleur par exemple. Mais je souhaite aller plus loin et réintroduire de la verdure en ville. Nous réfléchissons par exemple aux moyens à mettre en œuvre afin que les particuliers optent pour des plantes grimpantes sur leur façade.  Nous avons déjà abandonné les pesticides pour l’entretien des espaces verts de la ville et continuons à sensibiliser nos domaines viticoles qui produisent deux millions de litres de vin par an à Remich.

 

Vos actions pour un développement durable sont-ils aussi un message contre la centrale nucléaire de Cattenom et plus largement vers les autorités françaises?

HK: J’ai pu avoir une discussion avec Claude Bartelone, le président français de l’Assemblée nationale lors de sa récente visite au Luxembourg. Nous lui avons fait part de nos préoccupations et de notre désaccord avec la politique énergétique pro-nucléaire.

La France avance l’argument de sa souveraineté énergétique mais un accident grave anéantirait notre souveraineté nationale. Cattenom et les villages alentours bénéficient tellement de la centrale nucléaire qu’ils sont malheureusement que peu ouverts aux solutions durables qui existent.

Nous avons une vision pour un développement durable sans énergie nucléaire pour Remich et plus largement pour la Grande Région; il suffit d’y mettre de la bonne volonté.

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Par LG le 15/05/2017