Santé

Investir en matière de santé au travail, c’est un investissement dans l’avenir des hommes

Par LG le 19/05/2017


Le but poursuivi est non seulement d’assurer et d’accroitre la qualité des prestations faites par les services de santé au travail, mais aussi d’éviter la création inutile de services de san

Monsieur le Président,

Mesdames et Messieurs,

 

C’est toujours un grand plaisir pour moi d’assister à l’assemblée générale du Service de santé au travail de l’industrie. Ceci me permet de  prendre connaissance de vos activités et initiatives développées l’année dernière en faveur des salariés travaillant dans des entreprises importantes pour l’économie luxembourgeoise.

Le dernier rapport publié par le Bureau International du Travail à Genève intitulé “la Sécurité en chiffres” a montré qu’à travers le monde il a 2,2 millions de travailleurs qui décèdent chaque année dans le cadre de leur travail à la suite d’un accident ou d’une maladie professionnelle, soit 5.000 personnes par jour !!

Lorsqu’on associe la mort avec le travail, on pense en premier lieu à un accident de travail terrible se terminant par la mort. Or, Mesdames, Messieurs, ceci n’est pas la cause majeure ! Et on a tendance à le méconnaitre.

Ce sont les maladies liées au travail qui tuent le plus – 1,7 millions de personnes par an à travers le monde – et parmi eux on retrouve essentiellement les cancers provoqués le plus souvent par une exposition à une substance dangereuse, les maladies respiratoires et les maladies circulatoires. Rappelons que les maladies liées à l’amiante par exemple seraient à l’origine de 100.000 morts par an dans le monde !

Mesdames, Messieurs,

L’agenda 2030 des Nations Unies pour le développement durable, adopté le 25 septembre 2015 à New-York, inclut un plan d’action mondial avec des actions spécifiques visant à éliminer la pauvreté, à protéger notre planète et assurer la prospérité de chacun. L’objectif 8 des objectifs à atteindre (objectifs du développement durable, ODD) aborde entre autre spécifiquement la protection de tous les travailleurs, y compris les migrants.

La collecte et la bonne utilisation des données sur la santé et la sécurité au travail sont indispensables pour détecter les nouveaux dangers et les risques émergents, identifier les secteurs dangereux et développer des pratiques préventives, pour élaborer des politiques de prévention au niveau national et dans les entreprises. La collecte des données fiables en matière de santé et de sécurité a été aussi au cœur de la journée mondiale de santé et de sécurité au travail, qui a eu lieu le 28 avril de cette année.

Le Luxembourg n’est pas à la traîne en matière de collecte de données sur la santé et la sécurité au travail :

L’association d’assurance contre les accidents dispose de données fiables et comparables en matière d’accidents du travail et de maladies professionnelles.

– Les entreprises font de grands efforts depuis une bonne dizaine d’année pour s’investir dans l’identification des postes à risques, prévue dans notre code du travail sur les services de santé au travail.

– Mon service spécifique au sein du Ministère de la Santé s’est investi beaucoup les dernières années pour aider les entreprises à réaliser l’inventaire des postes à risques avec la mise à disposition d’une saisine plus “user-friendly” à travers le site du guichet unique pour entreprise.

Dans ce cadre, j’aimerais remercier le STI d’avoir eu la vision et la volonté dès sa création de mettre la collecte des données issue de la surveillance médicale des salariés en relation avec les risques spécifiques au cœur de leur système informatique. De même votre programme spécifique, à savoir le “MaitRisk”, est un outil performant dans l’identification des risques et la gestion des substances dangereuses.

Mesdames, Messieurs,

Les services de santé au travail sont des partenaires importants en Santé Publique pour prévenir des maladies chroniques, prévenir des maladies professionnelles et promouvoir un mode de vie sain.

Investir en matière de santé au travail, c’est un investissement dans l’avenir des hommes et c’est indéniablement un investissement pour l’entreprise. La santé au travail place le travailleur au centre des réflexions, à même titre que les acteurs du système de santé placent le patient au centre de leurs préoccupations.

Dans un Plan National de Santé, abordé entre autre à l’occasion de notre 9ième Conférence Nationale Santé, qui a eu lieu le 5 avril à Esch/Belval, la médecine du travail a tout un rôle à jouer.

De plus en plus d’entreprises au Luxembourg, avec l’aide des services de santé au travail, nous accompagnent à implémenter les actions prévues dans des plans sectoriels, comme par exemple notre plan national Tabac, notre plan national Alcool et tout récemment notre premier plan national Cancer. J’aimerais de tout mon cœur, vous remercier, chers employeurs, de vos implications et actions en faveur de la santé de vos salariés et ainsi de la santé publique.

Vu l’importance de la problématique de Cancer dans la survenue d’une éventuelle maladie professionnelle, j’aimerais bien vous en toucher un mot.

Les cancers restent, malgré les efforts de l’ensemble des acteurs, une des premières causes de mortalité en Europe, et aussi au Luxembourg. Cette maladie est un fardeau pour la personne touchée, pour ses proches, ainsi que pour les collègues de travail et l’entreprise, qui sont souvent démunis pour y répondre.

D’après l’Organisation Mondiale de la Santé, 19 % de tous les cancers peuvent être attribués à l’environnement, y compris le milieu professionnel. Le centre international de recherche sur le Cancer (CIRC) de l’OMS, basé à Lyon, a répertorié 107 agents ou mélanges de substances et situations d’exposition comme étant cancérigènes
classe 1
pour l’homme.

D’après cette agence, un décès par cancer du poumon sur 10 est étroitement lié aux risques sur le lieu du travail. Le cancer du poumon, le mésothéliome de la plèvre et le cancer de la vessie sont parmi les cancers professionnels les plus courants.

D’après l’OMS, les cancers professionnels représentent 4 à 8 % des cancers chez l’homme et environ 1 % des cancers chez la femme.

Par contre, rare sont les médecins – en dehors des médecins du travail –  qui connaissent les substances et procédés de travail incriminés ; ne parlant même pas de l’état de connaissance chez les acteurs clefs dans une entreprise et/ou chez les salariés susceptibles d’être exposés.

Comment voulez-vous que sans prise de conscience chez les médecins, les concernés et dans les entreprises, on arrivera à changer quoi que ce soit ?

C’est bien pour cela que notre plan national Cancer consacre tout un chapitre spécifique à la santé au travail. Identifier des activités professionnelles à risque, cerner le nombre des travailleurs exposés, mettre en place des formations spécifiques sont au début du processus. Les médecins du travail vont par après, et comme c’est déjà prévu par une législation spécifique, organiser un suivi adapté aux salariés exposés.

Le comité de pilotage du plan national cancer a décidé de mettre en place un groupe de travail spécifique afin d’établir les premières mesures et actions à faire. Il est évident, qu’à côté du corps médical et des administrations concernées, un représentant des employeurs et des salariés devrait y participer.

Mesdames, Messieurs,

Une bonne organisation et un bon fonctionnement des services de santé au travail sont des conditions nécessaires, voir indispensables afin de pouvoir faire face aux défis qui nous attendent. Le Conseil Supérieur de la Santé et de la Sécurité au Travail qui a repris ses travaux sous la présidence du nouveau directeur de la Santé, élabora actuellement des modifications nécessaires pour assurer un meilleur fonctionnement de la médecine du travail au Luxembourg.

Un nouvel avant-projet de RGD concernant la périodicité des examens médicaux est pratiquement finalisé. Il propose de mieux recentrer les examens médicaux sur les salariés qui occupent effectivement un poste ou activité à risque et de limiter par ainsi les examens périodiques pour les salariés les plus exposés.

Il est évident, vu la pénurie chronique des médecins du travail sur le marché du travail au Luxembourg, on ne pourra plus se permettre de faire des examens périodiques chez tout le monde, jugés parfois inutiles par les acteurs du terrain.

Le Conseil supérieur a déjà bien entamé les discussions sur le chapitre des examens médicaux et les salariés soumis à la médecine du travail, et se consacre actuellement aux critères d’agréation périodique obligatoires pour les services de santé au travail.

Le but poursuivi est non seulement d’assurer et d’accroitre la qualité des prestations faites par les services de santé au travail, mais aussi d’éviter la création inutile de services de santé au travail, qui risquent de ne pas remplir toutes les missions et les critères de qualité qu’on attend d’eux.

Mesdames, Messieurs,

Pour finir, j’aimerais bien vous assurer que le ministère de la Santé considère que le STI offre un service irréprochable à ses membres, tout en restant innovateur aux entreprises affiliées. Mon service du ministère en charge de la santé au travail me témoigne de la bonne collaboration avec le STI, et ceci dans un esprit ouvert et amical.

Le récent audit sur le fonctionnement de la médecine aéronautique au Luxembourg réalisé par l’agence européenne EASA basée à Cologne, est un témoin vivant de la qualité de prestations offerte par le STI. Les audits de l’EASA ne sont jamais simples, et je peux vous en témoigner comme mon ministère a la responsabilité de la médecine aéronautique au Luxembourg. Sans une organisation impeccable, avec la mise en place effective de procédures adéquates, impossible de passer l’audit.
Le STI en collaboration avec le CHL a passé cet examen avec bravoure et j’aimerais féliciter tout personnellement le Dr Pierre Blaise et son équipe médicale et paramédicale sur place et au CHL pour cette réussite. Bravo.

Je vous remercie pour votre attention.

 

 

Source: gouvernement.lu
Lydia Mutsch, ministre de la Santé © MSAN

 

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Par LG le 19/05/2017