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Présentation du “Catalogue des manuscrits latins médiévaux d’Orval”

Par LG le 13/07/2017


L’ouvrage se compose de deux tomes

Le mercredi 12 juillet 2017, la Bibliothèque nationale de Luxembourg (BnL) a présenté dans le cadre d’une conférence publique, en présence de Guy Arendt, secrétaire d’État à la Culture, le Catalogue des manuscrits latins médiévaux d’Orval (Die Orvaler Handschriften bis zum Jahr 1628 in den Beständen der Bibliothèque nationale de Luxembourg und des Grand Séminaire de Luxembourg), qui a pour objet la description scientifique de 76 manuscrits complets, datables du 9e au 17e siècle. Ceux-ci faisaient partie de la bibliothèque de l’ancienne abbaye cistercienne d’Orval. L’ouvrage se compose de deux tomes. Le tome 1, richement illustré, donne un aperçu complet, qui s’appuie sur beaucoup de textes inédits, de l’histoire du scriptorium et de la bibliothèque d’Orval depuis la fondation de l’abbaye au tournant du 12e siècle jusqu’à sa suppression en 1796. Le tome 2 constitue le corps du catalogue et s’adresse surtout aux spécialistes en la matière.

Le catalogue est le deuxième (sur trois prévus) de la collection Die Handschriften des Großherzogtums Luxemburg, lancée avec le catalogue des manuscrits de l’ancienne abbaye bénédictine d’Echternach. Ce travail scientifique de longue haleine est avant tout le fruit des recherches entreprises par Thomas Falmagne, docteur en philosophie et lettres de l’Université catholique de Louvain, et engagé en tant qu’expert auprès de la BnL. Celui-ci fut épaulé par le professeur Luc Deitz, responsable des fonds de la Réserve précieuse de la Bibliothèque nationale. La BnL a déjà entamé la rédaction du 3e volume de la collection, qui sera dédié aux “petites provenances et aux provenances inconnues”. Ce dernier contiendra entre autres la description du fameux Codex Mariendalensis que l’État luxembourgeois a acquis en 2009 et qui fait, depuis, partie des collections de la BnL.

Dans son allocution, Guy Arendt, secrétaire d’État à la Culture, a souligné qu’une bibliothèque scientifique comme la Bibliothèque nationale ne se contente pas de conserver et de collecter des documents patrimoniaux, mais que sa mission de valorisation implique aussi un travail exhaustif de recherche scientifique, destiné à sortir de l’ombre ces témoignages du passé et de les faire revivre grâce aux travaux de recherche ultérieurs que ces catalogues ne manqueront pas d’éclaircir et d’appuyer.

Informations supplémentaires

Contexte historique des manuscrits de l’abbaye d’Orval

Orval faisait partie de l’ancien Comté de Chiny, cédé en 1364 au duc de Luxembourg. L’abbaye d’Orval devenait par là-même, avec celle d’Echternach, une des plus importantes maisons religieuses du duché de Luxembourg.

Tout comme les moines d’Echternach, ceux d’Orval possédaient à Luxembourg-Ville ce qu’on appelait un “Refugium”, un refuge – en l’occurrence, une partie des immeubles abritant l’actuel Musée d’Histoire de la Ville de Luxembourg dans la rue du Saint-Esprit. En temps de paix, ces refuges servaient de résidence aux moines de passage ou appelés à participer aux réunions des États (Stände) de Luxembourg. En temps de guerre, il leur servait de repli et de retraite. C’est donc à Luxembourg-Ville que les moines d’Orval se retiraient avec leurs biens temporels les plus précieux, afin d’échapper aux incursions des troupes françaises dans le sillage des guerres résultant de la Révolution française. Après que leur abbaye avait été détruite par le feu en 1793, et la communauté monastique dissoute en 1796, il ne leur restait de nouveau que leur refuge à trois pas de l’Ancien Athénée qui abrite aujourd’hui la BnL. Tous leurs manuscrits furent saisis par l’Administration du Département des Forêts, et la plupart fut par la suite intégrée dans les collections sécularisées de l’École centrale, dont la bibliothèque était le prédécesseur de la BnL actuelle.

Sous cet angle, le sort des manuscrits d’Orval était analogue à celui réservé aux manuscrits d’Echternach, dont, cependant, à peu près la moitié était envoyée à Paris. Ces péripéties historiques expliquent la présence, sur le territoire grand-ducal, d’une prestigieuse collection de manuscrits ayant anciennement appartenu à une abbaye qui se trouve aujourd’hui, après sa reconstruction au 20e siècle, sur le territoire belge.

Le fonds des manuscrits médiévaux de la Réserve précieuse de la BnL

Le manuscrit médiéval est le précurseur du livre imprimé. La Réserve précieuse de la BnL détient la principale collection de manuscrits médiévaux du Grand-Duché, parmi eux un nombre important de manuscrits et fragments de manuscrits provenant de l’ancienne abbaye bénédictine d’Echternach. Alors que les pièces les plus prestigieuses et les plus connues par le grand public (tel par exemple le célèbre Codex aureus) sont conservées aujourd’hui dans des institutions étrangères, les pièces restées au Grand-Duché n’ont pas moins une grande valeur historique et scientifique. Plutôt que de se limiter à cataloguer les seuls manuscrits provenant d’Echternach, la Bibliothèque nationale a pris l’initiative de dresser le catalogue, en trois volumes (le 3e étant déjà commencé) de l’ensemble des manuscrits médiévaux conservés de nos jours au Luxembourg.

Communiqué par le ministère de la Culture / Bibliothèque nationale de Luxembourg

Guy Arendt, secrétaire d’État à la Culture

© BnL

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Par LG le 13/07/2017