Jean Asselborn au Conseil “Affaires étrangères” de l’UE à Bruxelles

Par LG le 17/07/2017


Les conditions d'accueil en Libye sont un réel souci, tout comme l’accès humanitaire

 Le ministre des Affaires étrangères et européennes du Luxembourg, Jean Asselborn, a participé au Conseil “Affaires étrangères” de l’Union européenne, le 17 juillet 2017 à Bruxelles.

Les ministres des Affaires étrangères ont discuté de l’évolution récente de la situation en Libye et ont fait le point sur la réponse apportée par l’UE. Ils ont également discuté des perspectives d’avenir du pays, en se félicitant de la nomination récente de Ghassan Salamé comme représentant spécial du secrétaire général des Nations unies en Libye.

Dans ce même contexte, les ministres ont également discuté de la problématique migratoire et notamment de la situation sur la route de la Méditerranée centrale, en présence du haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, Filippo Grandi, et du directeur général de l’Organisation internationale pour les migrations, William Lacy Swing.

Tout en réaffirmant le soutien du Luxembourg aux efforts de l’UE à travers les missions EUBAM Libya et EUNAVFOR MED, le ministre Asselborn a expliqué que ces efforts de soutien et de lutte contre les réseaux de trafiquants resteront inefficaces tant que l’autorité du gouvernement d’unité nationale est limitée.

De même, Jean Asselborn a expliqué que “les conditions d’accueil en Libye sont un réel souci, tout comme l’accès humanitaire. Les infrastructures mises à disposition par les autorités libyennes et les centres de détention des migrants ne correspondent nullement aux normes requises. L’UE doit encourager des alternatives à la détention des migrants en Libye, surtout quant aux personnes vulnérables et aux migrants sauvés en mer”. Il a ajouté que “cependant, il ne convient certainement pas de reproduire l’accord conclu avec la Turquie, les conditions ne sont pas les mêmes, la Libye est en pleine instabilité, ses institutions ne sont pas fonctionnelles et par conséquent les retours systématiques en Libye sont impossibles” en précisant que “la fermeture de la frontière maritime avec la Libye est tout aussi illusoire”.

Le ministre Asselborn a ensuite rappelé que le Luxembourg dénonce avec la plus grande fermeté les exactions et les violations des droits de l’Homme qui sont commises contre les migrants par les réseaux de passeurs et de trafiquants. “Les meurtres, viols et actes de torture contre les migrants sont devenus monnaie courante, le tout dans un contexte sécuritaire qui s’est considérablement détérioré depuis 2016. L’UE doit s’engager davantage dans la protection des droits des migrants, conformément au droit international et au droit international humanitaire. Notre premier objectif doit être d’éviter de nouveaux décès et de nouvelles souffrances humaines”, a-t-il déclaré, ajoutant qu’”il est indispensable que la communauté internationale mette davantage de moyens à la disposition du Haut-Commissariat pour les réfugiés (UNHCR) pour l’accueil des migrants interceptés par les garde-côtes libyens”.

Le ministre Asselborn a conclu son intervention en insistant sur le fait que “l’UE doit s’engager davantage dans les entrainements des garde-côtes qui interceptent les bateaux de migrants afin de garantir un accueil digne, conforme aux droits de l’Homme et à la convention de Genève, y compris par la mise en place d’un mécanisme de surveillance. Il est urgent de mettre fin aux mauvais traitements qui sont infligés à ces migrants”.

Les ministres des Affaires étrangères ont eu un débat sur la République populaire démocratique de Corée (RPDC), au vu des derniers développements, notamment le tir tout récent d’un missile balistique, le 4 juillet 2017. Le Conseil a condamné avec force ces actes, qui constituent des violations flagrantes des obligations internationales incombant à la RPDC au titre de plusieurs résolutions du Conseil de sécurité de l’ONU et mettent gravement en péril la paix et la sécurité internationales, en soulignant que les actions menées par la RPDC sapent le régime mondial de non-prolifération et de désarmement que l’UE soutient résolument depuis des décennies.

Communiqué par le ministère des Affaires étrangères et européennes 

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Par LG le 17/07/2017