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Tableau d’une réussite

Par LG le 3/08/2017


Plutôt que de subir la norme, EBRC préfère en être un moteur

À l’aube de l’année 2000 annonciatrice d’un XXIème siècle résolument connecté, des investissements massifs en câbles sous-marins sont réalisés dans l’Atlantique et le Nasdaq flambe de par la surévaluation des «dotcoms» de l’époque. C’est dans cette époque de «folie furieuse» qu’Yves Reding démarre EBRC au mois de juin. Portrait d’une entreprise qui a débuté il y a 17 ans, de zéro, avec quelques clients et qui en pèse aujourd’hui plus de 400.

 

À l’orée d’une excellence

L’idée première était d’ouvrir un centre de continuité d’activité dans un Luxembourg où une dizaine de compétiteurs, dont certains géants internationaux, se partageaient déjà le marché. EBRC se positionne sur la haute qualité, en anticipant un changement de la demande et établit d’emblée une stratégie d’alliance avec le leader de l’époque, IBM, qui déménage son centre de secours avec ses clients, vers EBRC en janvier 2001. La petite société locale, dont POST est actionnaire à 40%, se constitue un pool de clients sérieux et commence à se faire un nom sur les marchés internationaux.

La bulle internet éclate fin 2000 et 2001. Le Nasdaq s’écroule peu avant que les attentats du 11 septembre 2001 ne fassent chuter presque toutes les bourses mondiales. Dès sa première année d’activité, EBRC traverse donc deux tempêtes majeures desquelles de nombreuses entreprises ne sont pas ressorties. Il y a de quoi forger un tempérament. Début 2002, EBRC donne le ton sur le marché, acquiert le leadership en continuité d’activité et conçoit son deuxième centre de données également à la Cloche d’Or. Ses clients, essentiellement du secteur bancaire mais aussi des fonds d’investissement et quelques institutions internationales, y externalisent leurs données.

 

Montrer patte blanche

En 2003, le Luxembourg vote la loi régissant les Professionnels du Secteur Financier (PSF) de Support et en 2004, EBRC est un des premiers acteurs à obtenir l’agrément PSF de Support. Elle lance ses activités d’externalisation IT et de sécurité de l’information. POST monte à 93% dans le capital. Mi-2004 et en 2005, EBRC opère le projet sécurité informatique de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne qui est gagné par le groupe POST. EBRC opère ses premiers clients en gérant totalement leur informatique. Lorsqu’EBRC annonce le lancement de son troisième centre de données ciblé sur le plus haut niveau de sécurité «Tier IV», le «Resilience Centre West» à Windhof en 2005, le standard «Tier IV» existe à peine. «Nous avons été des précurseurs avec l’organisme de certification américain «Uptime Institute». Nous avons été dans les trois premiers certifiés «Tier IV» dans le monde et naturellement «on nous a pris pour des fous», se souvient Yves Reding.

C’est à cette époque que l’entreprise accélère sa diversification vers de nouveaux secteurs d’activités. La crise financière démarrée en 2007 et le krach d’automne 2008 touche violemment le secteur financier qui constitue 80% de ses clients mais l’Etat demande à ses entreprises publiques de continuer d’investir massivement. Sans perdre un seul client et sans casse aucune, le groupe POST et EBRC prennent le risque d’investir dans un quatrième centre de données, à 100 millions d’euros, le «Resilience Centre South» à Kayl. L’internationalisation d’EBRC s’accélère et ses premières reconnaissances internationales arrivent de Londres: en 2008 l’award du «Best Data Center Operator Europe», en 2009 le «Best Managed Services Provider» ainsi que le «Best Risk Mitigation Service Provider».

En 2010, lors de l’inauguration du RCS à Kayl, changement de logo, un «inuksjuks» digitalisé, à caractère humain, qui s’inspire des sculptures de pierre inuites. EBRC y intègre ses valeurs «EARTH» que sont l’excellence, l’agilité, la responsabilité, la confiance et l’humain, avec l’engagement de contribuer à la sauvegarde de la planète. Dans les régions artiques, les «inukshuks» constituaient des aides, des repères dans des conditions extrêmes: ils étaient des points de référence lors des chasses pour le rabattage des caribous mais aussi des points de repère pour les lieux de cache de nourriture. Ils symbolisent la promesse d’une prospérité sereine, d’un abri robuste et d’un engagement responsable. EBRC alimente ses centres de données avec 100% d’énergie verte, passe son label ESR et s’engage sur un programme «ESR» ambitieux.

Yves Reding explique cette course au label comme autant de preuves de compétences sur la scène internationale: «aux Etats-Unis, les certifications ISO, les labels relatifs à vos centres de données et les prix internationaux sont autant de cartes de visite pour une entreprise luxembourgeoise». C’est à cette époque qu’EBRC signe dans la foulée un géant international dans les médias, aide un international à lancer son «e-Book» et signe son premier GAFAM.

En 2011, EBRC lance son offre «Trusted Cloud Europe» et remporte un prix européen à Paris, avec son client la biobanque luxembourgeoise, IBBL. Suit l’offre «Trusted Security Europe» et un autre centre de données inauguré en 2012: le «European Reliance Centre East», à Betzdorf. C’est aussi le démarrage des FinTechs, avec des précurseurs dès 2010 comme Flashiz, Yapital, mais également Limonetik ou Leetchi (Mangopay). Aujourd’hui, EBRC en compte une quarantaine dont certaines prestigieuses.

 

Les métamorphoses

Plutôt que de subir la norme, EBRC préfère en être un moteur, quitte à aller à contre-courant de l’avis général. L’entreprise souhaite être en avance sur la concurrence qui pense bas coûts et lorsqu’on sait que la récente méga-panne électrique survenue dans un centre de données en Grande-Bretagne a généré des annulations et retards sur plus d’un millier de vols et coûtera plus de 100 millions de livres à British Airways, on comprend l’importance de l’excellence. Depuis 17 ans, EBRC a connu zéro seconde d’interruption. Face aux risques accrus, EBRC se remet en cause en permanence. L’année passée, l’entreprise a pris part à l’exercice européen de cyber sécurité organisé par l’Agence européenne chargée de la sécurité des réseaux et de l’information (ENISA) et le HCPN (Haut-Commissariat à la Protection Nationale), presque prémonitoire puisque deux semaines après, Deutsche Telekom subissait une cyber attaque massive.

Au Luxembourg, l’ICT repose sur deux piliers actuellement en mutation accélérée. Les entreprises IT qui gravitent autour des secteurs financier et bancaire devront elles aussi s’adapter au changement. Suite à une étude de marché en 2015, EBRC comprend que sa croissance organique à deux chiffres ne suffira pas à son développement international, c’est pourquoi elle opte pour une croissance externe et annonce en début d’année, son entrée au capital de Digora, une société française du numérique employant une centaine de personnes. L’alliance entre EBRC et l’entreprise française ne relève pas d’un projet financier mais d’une ambition industrielle. EBRC souhaite élargir ses champs d’action sur le marché français et a besoin, pour se faire, de créer des synergies avec un partenaire qui lui est complémentaire. Avec un siège social à Strasbourg (capitale européenne) ainsi qu’une présence à Lille (e-commerce), Rennes (cyber sécurité), Paris, Lyon, Toulouse (spatial) et Bordeaux, EBRC profite ainsi d’un nouveau réseau commercial stratégique.

La priorité est de constituer un marché unique du numérique et de faire tomber les barrières nationales, comme récemment les frais d’itinérance. Ce marché européen du numérique sera gage de la protection des données qui est le cheval de bataille d’EBRC; la GDPR pousse dans ce sens en protégeant les données personnelles qui seront demain l’une des matières premières. Dans un monde où les objets connectés pénètreront au plus proche de l’intimité des individus (l’automobile, l’immobilier, les vêtements, les jouets) et face à des géants du numérique basés sur d’autres continents, la proximité, la flexibilité, l’écoute et les valeurs européennes seront autant de garde-fous. C’est pourquoi dans le cadre de sa stratégie 2020, EBRC accélère dès à présent son déploiement physique, via la croissance externe ou le lancement de filiales, sur les marchés européens francophones (France, Belgique, Suisse). La tout juste vingtenaire aura plus que jamais à cœur de réitérer son identité luxembourgeoise et européenne.

Par LG le 3/08/2017