Développement durable

Quand économies circulaire et sociale se rencontrent

Par LG le 9/08/2017


Chez KPMG nous connaissons l’importance de travailler dans des écosystèmes et de nouer des partenariats

Du 20 au 22 juin dernier, le Circular Economy Hotspot 2017, initiative sponsorisée par KPMG Luxembourg et BGL BNP Paribas, s’est tenu au Luxembourg. Cet événement a permis de présenter les progrès réalisés au cours des deux dernières années en matière d’économie circulaire. Patrick Wies, Partner Advisory en charge du secteur public et industriel chez KPMG, Eugénie Guillaume et Inès Baer, toutes deux consultantes au sein des Sustainability Services chez KPMG, reviennent avec nous sur le programme de ces trois journées et sur l’importance de ce concept.

 

En quoi consistait le Luxembourg Circular Economy Hotspot 2017?

PW: Faisant suite à un événement similaire organisé aux Pays-Bas l’année dernière, le Luxembourg Circular Economy Hotspot 2017 était une initiative du ministère de l’Economie et de Luxinnovation. Cet événement de trois jours accueillait des intervenants prestigieux et des invités internationaux, venant même de Corée du Sud et de Taïwan. Chaque journée était thématisée et portait sur des visites de sociétés ou des présentations de bonnes pratiques autour du concept d’économie circulaire. Une des journées était par ailleurs consacrée au financement de ces initiatives.

Chez KPMG nous travaillons depuis presque trois ans sur des projets dans ce domaine. Nous notons que la maturité des propositions et l’intérêt qui est y est porté sont de plus en plus importants, notamment grâce à l’étude menée par Jérémy Rifkin sur la Troisième Révolution industrielle qui a provoqué un intérêt très important de la part du gouvernement et du privé.

 

IB: L’événement a été une excellente opportunité d’échanger avec d’autres pays et de créer de nouveaux contacts et des partenariats. Les pays représentés à cet événement ont particulièrement été étonnés par cette collaboration étroite entre les secteurs public et privé au Luxembourg. Cela est rendu possible grâce à la petite taille du pays, mais encore plus du fait que le gouvernement agisse en tant que facilitateur pour les entreprises.

 

PW: Le secteur de la construction était également mis en valeur, notamment grâce à l’intervention de William McDonough, architecte américain à l’origine de la notion «cradle-to-cradle», sur les projets du Fonds Kirchberg auxquels il apporte son expertise. Pour construire un bâtiment respectant les principes d’économie circulaire, il faut recourir à une approche plus collaborative et se baser sur les besoins de la communauté. Un «passeport de matériel» est également exigé avant la construction; toutes les composantes du bâtiment et des matériaux utilisés doivent être connues afin de mieux pouvoir appréhender la totalité de la vie d’une construction et de ses composants. Certaines sociétés au Luxembourg sont déjà à la pointe de la technologie dans ce domaine.

 

Quelles sont les synergies entre économie circulaire et économie sociale?

PW: Chez KPMG nous connaissons l’importance de travailler dans des écosystèmes et de nouer des partenariats. Dans une approche circulaire, il est important de s’entourer de partenaires qui peuvent compléter notre propre domaine d’expertise lorsque l’on pense à toute la vie d’un produit.

 

EG: C’est justement dans la collaboration et le partage d’idées que les économies sociale et solidaire se rejoignent. La finalité de ces deux concepts n’est pas exactement la même mais le mode de fonctionnement est identique: on se base sur le local, sur les réseaux qui existent et sur les logiques d’alliance, de partenariat et de coopération.

L’économie circulaire est un concept qui commence seulement à se faire connaître grâce à l’intérêt grandissant des pouvoirs publics alors que l’économie sociale est déjà fortement ancrée dans les territoires; nous pouvons donc bénéficier de ce réseau déjà attentif à des concepts tels que le développement durable et la circularité.

Par ailleurs, l’économie circulaire peut également créer un tremplin permettant aux personnes éloignées de l’emploi ou en situation de handicap de se réinsérer professionnellement. Les secteurs de la construction durable et du réemploi et de la réparation sont des exemples caractéristiques de création d’emplois porteurs de sens puisque cela permet à des personnes plus éloignées de l’économie traditionnelle de se réinsérer dans la société.

 

Quels bénéfices peuvent tirer les entreprises de l’application des principes de l’économie circulaire?

PW: Aujourd’hui il est important de motiver les différents acteurs en leur montrant qu’en appliquant les principes de l’économie circulaire, ils n’amélioreront pas seulement leur image de marque mais cela pourrait également leur être bénéfique d’un point de vue économique. Au niveau fiscal, le gouvernement devrait se tourner vers un système de taxation qui se focalise davantage sur les ressources matérielles utilisées que sur le capital humain exploité afin de favoriser la mise en place de l’économie circulaire dans les entreprises.

 

EG: KPMG a par ailleurs mis au point la «True Value methodology» qui permet de mesurer les impacts économique, écologique et sociétal à l’échelle d’une entreprise ou d’un projet. En monétisant chacun de ces impacts, il est possible de les comparer et de les additionner pour obtenir la vraie valeur d’une  stratégie mise en place. Le but de la démarche est de pousser une entreprise à se poser les bonnes questions: quel indicateur a été utilisé et comment s’améliorer par la suite? Où veut-on créer de la valeur dans l’entreprise? Quelles sont les opportunités qui restent à saisir et comment les valoriser?

 

Quelles ont été les conclusions tirées à la suite de cet événement?

IB: L’événement a montré que nous avions déjà de bonnes pratiques à présenter au Luxembourg. Un véritable écosystème s’est déjà créé et nous avons une bonne stratégie par rapport aux objectifs que nous aimerions atteindre. Il faut à présent que davantage d’entreprises osent passer d’un modèle linéaire à un modèle circulaire et que le secteur public et les institutions créent un cadre favorable à ces initiatives en terme de systèmes fiscaux, de législation, de financement,…

 

PW: Notre plus gros challenge est à présent de convaincre les clients sur le marché d’adopter des produits innovants et durables ainsi que de nouveaux modèles d’affaires. Les premières entreprises adhèrent à cette proposition, mais nous devons encore toucher l’ensemble des acteurs économiques quel que soient leur taille et leur secteur d’activité, notamment dans le monde des PME. Nous devons leur montrer qu’elles ont également un rôle à jouer et qu’elles peuvent créer de la valeur pour elles-mêmes, mais aussi pour la société.

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Par LG le 9/08/2017