Recherche & formation

Artisans de la formation

Par LG le 11/09/2017


Nous faisons du sur-mesure

Depuis 1974, l’IUIL, sous la tutelle du ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche, a comme mission de former les professionnels du pays. Dominique Pierret, un de ses chefs de projet, revient sur l’attention particulière que l’Institut porte à ses formations.

 

 

En quoi l’offre de formation de l’IUIL se distingue-t-elle de celles des autres acteurs du secteur?

 

Nous sommes plutôt des artisans de la formation continue. L’IUIL répond de la manière la plus proche possible aux attentes et aux besoins des participants. Récemment, par exemple, un de nos clients avait besoin d’une formation de formateur. Il nous a demandé de lui envoyer le programme. Je lui ai alors expliqué que cela ne fonctionnait pas de cette façon. Nous avons passé une bonne heure, avec le responsable de formation et quelques participants, à définir ce qui était important. Après cette heure, les participants ont voté pour choisir l’axe qu’allait prendre la formation. Le programme spécifique a été établi ainsi. C’est pour ça que je nous considère comme des artisans.

 

 

Qu’en pensent les participants?

 

Cela fonctionne particulièrement bien quand on organise une formation sur-mesure au sein d’une seule entreprise, ou alors propre à un secteur comme le secteur hospitalier. Si les participants ont été impliqués dans la détermination du contenu de la formation, ils s’y retrouvent davantage au final. La satisfaction est toujours un peu plus élevée.

 

 

Ces formations sont-elles diplômantes?

 

Les participants obtiennent un certificat de l’IUIL mais ne sont pas diplômantes à proprement parler. Avec les partenariats que nous avons dans le secteur, les formations sont reconnues mais l’unique institution luxembourgeoise qui a le pouvoir diplômant est l’Université. Par contre, si notre ministère de tutelle nous a installés dans le même bâtiment que l’Université, à la Maison du Savoir de Belval, c’est aussi pour développer une offre de formation continue à caractère diplômant sous l’égide de l’Université. Nous serons là à ses côtés pour identifier et organiser ces formations en temps voulu.

 

 

Existe-t-il une forte demande de formation au Luxembourg?

 

Dire qu’il va y avoir un besoin de plus en plus important de formation continue est une lapalissade. Mais parfois, comme dans toute activité, un besoin n’est pas nécessairement une demande. Notre rôle est alors d’essayer de susciter la demande. Clairement, nous formalisons la demande lorsqu’un client exprime un besoin. A nous de l’identifier précisément. Nous faisons du sur-mesure, avec des formations à haute valeur ajoutée pédagogique. Le leitmotiv de nos formations n’est pas ce que nous faisons, ce que les intervenants font, mais ce que les participants apprennent et ce qu’ils vont pouvoir transférer vers leur pratique professionnelle. C’est ça qui compte. La définition de former, c’est mettre les participants dans des conditions d’apprendre. Les amener à réfléchir, à produire quelque chose.

 

 

Quels secteurs de l’économie sont en demande de formation ?

 

Pour l’instant, nous sommes surtout occupés à répondre aux besoins dans nos secteurs qui sont la santé et le domaine juridique.

 

 

Où se passent les formations?

 

Pour les formations intra-entreprises, nous les organisons chez le client ou bien chez nous dans la Maison du Savoir. Les formations inter-entreprises se font toutes chez nous, à Belval. Nous avons la chance d’avoir l’Université à côté, avec des salles de cours que nous pouvons utiliser pour toutes nos formations.

 

 

Quel est le profil de vos formateurs?

 

Je suis convaincu que c’est un plus de faire appel à des intervenants extérieurs. Si vous avez des formateurs chez vous, vous allez avoir tendance à offrir ce que vous avez en magasin. Mais nous offrons des contenus adaptés aux besoins du marché, des besoins qui changent, il nous faut donc  systématiquement trouver les intervenants en réponse à ces besoins, ce qui nous permet aussi de nous adapter et de changer d’intervenant si nécessaire. Notre intention n’est pas d’éditer un catalogue de formations continues. Nous faisons régulièrement appel à des professionnels. Le rôle de l’IUIL est de les accompagner, pour améliorer ou changer leur manière de faire. Le marché est demandeur de formations courtes et efficaces. Nous travaillons avec nos formateur pour atteindre cet objectif.

 

 

La formation, en 2017, ressemble-t-elle toujours à celle de 1990?

 

Est-ce qu’apprendre quelque chose doit faire mal, être douloureux ou pénible? Pas du tout. J’aime citer un exemple. En 1970, nous avions trois chaînes de télévision à la maison; aujourd’hui, nous en avons des centaines. L’information n’était alors pas disponible comme maintenant. Aujourd’hui, on la trouve partout. Un formateurs ne peut plus arriver en disant : «Moi je sais, je vais vous expliquer». Il faut rendre les formations pratiques et moins théoriques. Un jour, une participante m’a parlé de l’entonnoir de Nuremberg, qui consistait à remplir les enfants de connaissances, sans qu’ils puissent poser des questions ou s’exprimer. Cette époque est terminée. En management, on dit que, si votre entreprise fonctionne comme il y a cinq ans, vous avez certainement des problèmes. Cela s’applique aussi à la formation. Si vous formez aujourd’hui comme il y a dix ans, vous avez des problèmes en tant que formateur.

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Par LG le 11/09/2017