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Développement durable

La mobilité, un secteur en perpétuel mouvement

Par LG le 11/09/2017


La capacité de P+R passera de 13.000 à 26.000 emplacements au cours des cinq prochaines années

En 2013, quand François Bausch a endossé l’habit de ministre du Développement durable et des Infrastructures, il réalisait que les domaines de compétence de ce ministère étaient aussi étendus que l’ambition du pays de vouloir réussir sa transition énergétique. Le chapitre de la mobilité était un chantier d’envergure, complexe et à multiples facettes, qui nécessitait non seulement des moyens financiers et humains, mais surtout une réflexion globale et une vision à long terme.

 

La mobilité, une fusée à plusieurs étages

La mobilité demeure un enjeu majeur pour la réussite de la transition de la société et de l’économie. Le défi à relever est double car la mobilité concerne aussi bien le trafic des résidents que celui des frontaliers. L’année 2017 a été une année charnière. Il a fallu repenser le Régime Général des Transports Routiers (RGTR) qui assure les liaisons inter-régionales et transfrontalières pour trouver les solutions les plus adéquates afin de soulager le trafic, tout cela en impliquant les usagers. Cette concertation a permis de mieux comprendre les préoccupations de ces derniers et de répondre à leur besoin de mobilité. Il en ressort que le réseau de bus est assez bien développé, mais trop centré sur la capitale. En outre, il y a un manque manifeste de connexions entre les différents moyens de transport.  Concernant la mobilité urbaine, une partie du réseau routier sera adaptée suite à la mise en service du tram entre Luxexpo et le Pont rouge d’un côté, et l’ascenseur du Pfaffenthal de l’autre côté.

De plus, le nombre de non-résidents circulant au Grand-Duché s’élève aujourd’hui à 48% de la population. L’objectif d’une politique de mobilité réussie est de limiter l’usage de la voiture individuelle. Pour cela, il a été décidé d’augmenter la capacité des P+R. François Bausch assure que la capacité des P+R passera graduellement de 13.000 à 26.000 au cours des cinq prochaines années. Ces grands parkings seront des plateformes où se rencontrent les différents moyens de transport et où les voyageurs pourront confortablement passer d’un moyen à un autre, à l’image du nouveau P+R du Heienhaff, sortie Senningerberg en provenance de Trèves. Avec une capacité de 4.000 places, ce parking géant sera connecté à une gare de bus et au réseau du Tram. Il y aura aussi des M-Boxes pour vélos, ainsi que des bornes de recharge pour l’électromobilité.

 

Pour un changement de mentalité et de pratiques

La mobilité est un chantier qui ne connaît pas de fin. C’est un secteur en perpétuelle évolution qui nécessite des projections dans l’avenir. Le ministre aime rappeler que certaines infrastructures auraient dû être construites dix ans auparavant. Fini le temps des tergiversations.  A terme, François Bausch entend atteindre une mobilité 60/40: 60% de mobilité individuelle et 40% de transports en commun et de mobilité douce. Pour cela, le ministre prévoit d’étendre le Tram du Findel jusqu’à la Cloche d’or à l’horizon 2020. Il envisage même d’aller au-delà pour rejoindre la commune de Leudelange, laquelle, serait dans l’avenir un point de départ pour atteindre Esch Belval et ses alentours. Dans cette même optique, l’autoroute d’Esch est en cours d’élargissement à trois voies pour permettre une meilleure desserte par les transports en commun. D’autre part, les mesures incitatives telles que la décision de rendre le transport public gratuit à tous les étudiants est un geste fort de la part du gouvernement pour inciter à utiliser les transports en commun dans les déplacements quotidiens.

Cependant, les plus grandes infrastructures ou même la gratuité, ne sont efficaces que si elles sont accompagnées d’un changement de mentalité. Le ministre va même jusqu’à évoquer la nécessité de développer un nouveau modèle de société. Cela signifie repenser certains comportements et en redécouvrir d’autres. Adepte de la petite reine, le ministre ne tarit pas d’éloge à ce sujet. Le vélo est non seulement bon pour l’environnement et la santé, mais sa pratique rendrait heureux.    Raouf Hatira

 

 

 

Par LG le 11/09/2017