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La main-d’oeuvre frontalière et étrangère ne suffit plus à ralentir le vieillissement de la population active occupée du Luxembourg

Par LG le 28/02/2018


Le Luxembourg a pu bénéficier d’un répit en termes de vieillissement de sa population active jusqu’au milieu des années 2000

Dans la plupart des pays européens, la population nationale constitue le principal vivier de main-d’oeuvre salariée. Dès lors, le vieillissement démographique de la population nationale se répercute directement dans la population active occupée. Le Luxembourg apparaît dans ce contexte comme un cas particulier car le vieillissement de sa population active dépend également de celui des frontaliers et des résidents étrangers.

Une arrivée massive de main-d’oeuvre frontalière et étrangère jeune
Le Luxembourg a pu bénéficier d’un répit en termes de vieillissement de sa population active jusqu’au milieu des années 2000, notamment grâce à l’arrivée d’une main-d’oeuvre frontalière et étrangère plus jeune en moyenne que la main-d’oeuvre luxembourgeoise. Aujourd’hui, les générations qui sont arrivées massivement dans les années 1990 ont mécaniquement vieillies sans encore avoir atteint l’âge de départ à la retraite. Le répit dont disposait le Luxembourg il y a un peu plus de 10 ans semble donc consommé.

Evolution du vieillissement de la main d’oeuvre entre 1994 et 2017
Les pyramides des âges de 1994 et du début des années 2000 montrent que les frontaliers et les résidents étrangers, présents massivement et plus jeunes que les autochtones, ont permis de « gonfler » les jeunes générations d’actifs et d’assurer le renouvellement des générations d’actifs. En revanche, en 2017, la forme rectangulaire de la structure par âge suggère le risque d’un renouvellement seulement partiel des « anciennes générations » d’actifs par les « jeunes générations » d’actifs.

Le maintien des travailleurs âgés en activité : un enjeu national et européen
Certains secteurs, voire certaines entreprises, sont d’ailleurs déjà plus touchés que leurs homologues par le vieillissement de leur main-d’oeuvre. C’est pourquoi le vieillissement actif reste un enjeu tant au niveau national (projet de loi sur le plan de gestion des âges) qu’au niveau européen (Stratégie de Lisbonne et EU2020), et pour tous les acteurs pouvant jouer un rôle (les salariés, les entreprises et les politiques).

Kristell LEDUC
Département ‘Conditions de Vie’

Par LG le 28/02/2018