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GovSat1: Chronique d’une réussite annoncée

Par LG le 12/03/2018


C’est le début d’une nouvelle expérience pour le Luxembourg

Il était une fois, un petit pays qui se lançait à la conquête de l’espace. A force de ténacité, de prise de risques politique et financier, il a su s’imposer dans la ruée vers l’espace. La dernière conquête à son actif, le lancement réussi de GovSat1, un satellite de communication militaire, fruit d’un partenariat public-privé entre le gouvernement luxembourgeois et l’opérateur privé de satellite SES. Ce qui paraît presque banal aujourd’hui ne l’était pas au début de l’aventure de la conquête luxembourgeoise de l’espace. Retour sur une chronique d’une réussite annoncée.

 

Les origines

L’histoire commence à la fin des années 70. Pierre Werner, alors Premier ministre, identifie les cinq positions orbitales obtenues par le Luxembourg lors de la Convention de Genève de 1977 comme une opportunité. Le but était de renforcer le leadership du Luxembourg dans l’audiovisuel privé. Après plusieurs tentatives infructueuses, un accord est trouvé avec la société américaine Clay Whitehead, qui offre quatre fois plus de chaînes que la concurrence française ou allemande. L’aventure est lancée en 1983, ce qui n’est pas du goût des européens, et plus particulièrement des français qui qualifiaient le projet luxembourgeois de cheval de Troie américain. Le projet divise, d’autant plus qu’il ne trouve pas de financement. En mars 1985, la Société Européenne de Satellites (SES) voit le jour, mais sans véritable base financière solide. Jacques Santer, Premier ministre de l’époque prend tous les risques et fait voter une loi de garantie, débloquant ainsi l’équivalent de 90 millions d’euros et couvrant les risques financiers du projet. L’obstination combinée à la chance du débutant finissent par payer. Le premier client n’est autre que Murdoch et ses premières chaînes payantes britanniques Sky.

L’enjeu est de taille. Un échec de lancement et toute l’aventure s’arrête net à perte et fracas. Le suspens est digne d’un film hollywoodien. La première tentative, retransmise par RTL de Guyane en direct à la villa Louvigny, échoue. Le lanceur Ariane 4 réussit le lendemain à mettre sur orbite le premier satellite luxembourgeois. Tout le monde respire. Astra A1 commence à émettre en 1989, l’opération est un franc succès.

 

GovSat1, la confirmation

La prise de risque était payante. Depuis l’époque des pionniers, le Luxembourg et son fer de lance la société SES, devenue entre-temps leader européen des satellites, a lancé plus d’une cinquantaine de satellites. Le lancement de GovSat1 le 31 janvier dernier, n’est que la confirmation d’un savoir-faire acquis à force d’acharnement et de ténacité. «C’est le début d’une nouvelle expérience pour le Luxembourg» a commenté le Premier ministre Xavier Bettel, après avoir assisté avec la délégation luxembourgeoise, au lancement du premier satellite militaire luxembourgeois, depuis Cap Canaveral.

Malgré un problème technique de dernière minute, GovSat1 est mis sur orbite. Construit par une société américaine, exploité par une joint-venture publique-privée créée en 2015 par l’Etat luxembourgeois et SES, GovSat1 offre des capacités de communication satellitaires sécurisées et fiables à des fins militaires et civiles ainsi que pour répondre à une demande croissante du domaine gouvernemental et institutionnel. Une partie de la capacité du satellite GovSat1 servira par ailleurs à satisfaire les besoins luxembourgeois en matière de communication satellitaire en fréquences militaires. Il est prévu de commercialiser les capacités restantes à des pays alliés et partenaires ainsi qu’à des organisations internationales, notamment l’OTAN et l’Union européenne, une façon de remplir ses obligations de contribution en matière de défense commune.

Que de chemin parcouru. Le temps où le Luxembourg était désigné du doigt pour avoir voulu lancer son propre satellite qualifié à l’époque de «satellite coca-cola» est révolu. Désormais, le pays, grâce à GovSat1, offre un service de sécurité haut de gamme pour toute l’Europe.

 

Par Raouf Hatira

 

Par LG le 12/03/2018